Jean-François Hanczakowski, Premier vice-président, Audit interne, Banque Nationale du Canada, Montréal

Entrevue avec M. Jean-François Hanczakowski, Premier vice-président, Audit interne, Banque Nationale du Canada, Montréal

M. Hanczakowski joue un rôle de premier plan dans une institution importante sur la scène financière canadienne et québécoise. De plus, il dispense la formation sur les opérations de back-office en matière de produits dérivés. Il a accordé l’entrevue qui suit au Bulletin. 

Le Bulletin : Merci de nous recevoir, M. Hanczakowski. Parlez-nous un peu de vous. 

J.-F. Hanczakowski : J’ai commencé avec un baccalauréat dans un profil scientifique. Par contre, assez rapidement je me suis réorienté, pour compléter une formation en école de commerce, à l’EDHEC, à Lille, avec une spécialisation en finance. À noter, j’ai fait mon baccalauréat non pas en France mais aux États-Unis, plus précisément au lycée français Lapérouse de San Francisco. J’ai également fait un stage à Seattle pendant ma formation à l’EDHEC. Tout ceci a eu pour effet d’ouvrir énormément mes horizons, en particulier sur l’Amérique du Nord et sur des marchés du travail différents de ceux que je connaissais en Europe. Et en 2004, nous avons décidé, avec ma conjointe, de faire le grand saut et de tenter l’aventure de l’Amérique du Nord. Autre élément formateur, plutôt que de prendre un vol direct, nous avons fait un tour du monde, en sac au dos, le temps que les demandes administratives que nous avions faites pour nous relocaliser au Canada soit complétées. Croyez-le ou non, c’est sur le lac Titicaca, en Bolivie, l’un des lacs les plus élevés au monde, que nous avons appris notre acceptation en 2004 par le Canada. Et nous voilà en route pour Montréal…

Par la suite, ma conjointe s’est assez rapidement trouvé un poste intéressant à Montréal. J’avais travaillé à Paris pour Accenture pendant près de sept ans (d’importantes intégrations dans le monde européen de l’assurance) et souhaitais demeurer dans le domaine des institutions financières. En arrivant au Canada, j’ai cherché des pratiques de consultation mais pour la finance, elles étaient essentiellement basées à Toronto, et c’est à Montréal que nous voulions œuvrer et faire nos vies.

J’ai rencontré la « bonne personne » à la Banque Nationale, ce qui m’a mené à démarrer comme chargé de projet côté courtage (NBCN pour être précis). Mes premiers projets m’ont permis d’apprendre la mécanique de l’industrie du courtage dans le détail. Par la suite, j’ai piloté un important projet de décommissionnement de systèmes (pour la trésorerie et les marchés financiers). Ce projet a été passionnant et m’a permis de découvrir de nouvelles activités : les produits structurés et le support front-office. C’est ce chemin que j’ai choisi de suivre par la suite : le support opérationnel aux produits dérivés. La crise financière a été, à travers tout cela et ironiquement, une importante école. J’y ai acquis une expertise des processus de l’institution et une grande culture du risque.

En 2009, on m’a confié les activités de support aux opérateurs de marché, couvrant l’ensemble des activités sur les marchés financiers. Comme vice-président, je supervisais alors une équipe de 70 personnes, travaillant de près avec les lignes d’affaires. Mon mandat était alors de restructurer les activités de VAN et de P&L en plus d’organiser et d’optimiser le support opérationnel.

En 2011, mes responsabilités se sont élargies à l’ensemble des opérations sur instruments financiers, ajoutant à mon mandat les activités de règlement listés et OTC, la gestion des évènements de marché, la comptabilité de fonds, ainsi que la gouvernance de l’implantation des nouveaux produits marchés financiers. En tant que Vice-président Marchés financiers et Valeurs mobilières, le défi consistait à mobiliser 300 personnes pour standardiser, centraliser et automatiser nos opérations et faire évoluer notre positionnement, pour devenir un avantage concurrentiel. Une de mes fiertés est d’ailleurs d’avoir vu certaines de mes équipes être reconnues parmi les meilleures du monde dans certaines spécialités.

J’ai également commencé à participer au Bureau des Initiatives stratégiques, ce qui m’a permis d’élargir ma compréhension de la Banque, sa stratégie, ses processus et ses risques.

En février 2014, j’ai pris en charge les fonctions d’audit interne de la Banque, soit un rôle stratégique d’assurance sur la gouvernance et la bonne gestion des risques. C’est un rôle en mutation du fait de la transformation de l’industrie. Nous devons repositionner notre contribution par rapport aux autres lignes de défense, les autres gestionnaires de risque de la Banque, intégrer une approche par processus, plus stratégiques et accroître la valeur ajoutée de notre contribution.

Le Bulletin : C’est tout un parcours! Parlez-nous un peu de votre vision de l’IFSID.

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